Chaque année, le 5 octobre, nous célébrons la Journée mondiale des enseignants, la moëlle épinière de nos apprentissages. Chaque année, cette journée emblématique honore les efforts des enseignants pour transformer l’éducation dans le monde entier, tout en reconnaissant également toutes les ressources, acteurs du changement et écosystèmes de soutien qui leur permettent d’exceller dans leur profession. 

Lisez la suite pour rencontrer Magalie Boussion.

Qui est-tu?

Je suis professeure des écoles depuis 1995, après des études de sciences. Avant cela, j’étais monitrice de voile. J’ai failli m’engager dans des études d’océanographie mais j’ai eu en même temps la possibilité de tenter le concours de professeurs des écoles, ce que j’ai fait. J’ai pu prendre conscience que ce que je vivais en tant que monitrice était la même chose que ce qui m’attirait dans le métier d’enseignant, c’est-à-dire les rapports humains. J’étais auparavant trop jeune pour en avoir conscience et il a fallu que je sois confrontée au choix entre ces deux voies professionnelles pour le comprendre. Je ne le regrette pas, même si parfois j’envie ceux qui travaillent dans le calme ou dans la nature…

J’ai enseigné 10 ans dans les quartiers défavorisés de Marseille, ce qui a constitué une expérience aussi humainement riche que difficile, tant j’étais coupée de ce milieu-là auparavant. Je suis ensuite devenue formatrice afin de pouvoir partager mon expérience, et avoir des rapports avec des pairs, pas seulement avec des enfants.

Quelles sont tes sources d’inspiration?

Mes sources d’inspiration sont variées : les albums jeunesse, des œuvres d’art que j’ai pu voir dans des musées, dans la rue, dans d’autres écoles, des phrases, des images, la nature et bien souvent des coïncidences, comme des signes, qui me donnent envie d’aller travailler dans une certaine direction.

Comment impliques-tu les enfants sur les sujets qui te sont chers ?

Je pense qu’avant de les impliquer, il faut éveiller leur curiosité, les sensibiliser, un peu comme lorsqu’on sème une graine, on ne sait pas vraiment quand cela va germer ni si cela va pousser… Le jeu, les manipulations, les échanges entre pairs ou avec les familles sont aussi un facteur de motivation.

Quel est le meilleur conseil que tes élèves t’ont donné ?

Les enfants sont capables de réflexions très naïves et pertinentes. Ils disent ce qu’ils pensent sans filtre. Voici quelques réflexions qui me viennent en tête.

Neil au moment de l’élaboration des règles de vie: “On ne peut pas dire à quelqu’un quelque chose qui lui fait mal dans son cœur”

Martin, très en colère après l’annonce du thème de travail de l’année ” le tour du monde”: “Non! Moi je ne veux pas prendre l’avion!”

Une petite élève au moment de Noël qui répond à un élève sceptique sur l’existence du père Noël : “Moi le père Noël ça me fait rêver alors je sais qu’il existe !”

Es-tu optimiste pour l’avenir ?

Bien sûr que je suis optimiste !!! Les enfants sont les futurs adultes de demain et ils seront bien plus malins et intelligents que nous, j’en suis persuadée. Les choses évoluent et parfois la génération précédente est sceptique par rapport à la suivante, mais c’est normal car on a toujours peur de ce qu’on ne connaît pas ! Je pense qu’on ne sait pas ce que perçoivent réellement les enfants du monde actuel. Peut-être avons-nous peur qu’ils le voient avec nos yeux ? Chaque génération grandit avec des événements difficiles et fait preuve de résilience, d’inventivité et de tolérance. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les enfants d’aujourd’hui?

Rencontrez Magalie

Ancienne monitrice de voile, Magalie est professeure des écoles depuis 1995. Elle a enseigné dans les quartiers défavorisés de Marseille pendant 10 ans, avant de devenir formatrice afin de pouvoir partager son expérience et avoir des rapports avec des pairs, au-delà des enfants.